Compilées par le Révérend Père Mathelin de Vaux-Argent, Maître des Archives Royales, sous le règne de Sa Majesté Halsden II de Valder, en l’an de grâce 1515
Préambule
Parmi toutes les entités politiques des royaumes connus, une se distingue de manière éclatante par sa puissance militaire, son rayonnement culturel et son influence décisive dans le déroulement de l’histoire du monde. Cette entité n’est autre que le Grand Royaume de Virmian. Ces chroniques, écrites avec le plus grand souci de vérité et de précision que la connaissance humaine permet, ont pour humble ambition d’éclairer tant les esprits contemporains que ceux des générations futures sur l’histoire de ce royaume béni par Dast le Tout-Puissant. Qu’il soit su dès l’abord que ces écrits ne prétendent point relater toutes les vicissitudes qu’a connues notre noble royaume depuis sa fondation, tâche qui excéderait les capacités du plus érudit des chroniqueurs. Nous nous attacherons plutôt à mettre en lumière les événements majeurs qui ont forgé Virmian, ses triomphes comme ses épreuves, sous la conduite de ses souverains successifs et par la grâce du Seigneur Dast.
Des cendres de Mirst aux rives de l’Avinau, Les Harcourt forgèrent un royaume nouveau. Entre Vostrag convoitée et premières batailles, Naquit Virmian au son des funérailles.
Un prince assassiné, un roi en colère,
Harzen marcha venger son noble frère.
À Orbal tomba le royaume félon,
Et ses mines d’argent firent notre renom.
Cent quarante ans que l’on dit de repos,
Mais sous la paix grandissaient les roseaux.
Administration, armée permanente,
Le royaume évoluait, puissance montante.
Au champ du Coquelet, dynasty périt,
Hugo et son fils, par félonie occis.
Des Harcourt glorieux s’éteignit la flamme,
Les Valder prirent le trône et l’oriflamme.
Quand Vilven était jeune et le trône fragile,
Aldric le marchand se fit roi de la ville.
Bourgeois contre nobles, première révolte,
Qui des privilèges urbains fit la volte.
Van Artelande mena les drapiers fiers,
Contre les taxes ducales et leurs fers.
Trahison et sang marquèrent cette guerre,
Mais leurs libertés furent acquises hier.
Fils contre père, le dauphin rebelle, Gontran défia la couronne nouvelle. Grande féoderie contre le roi centralisateur, Mais l’autorité royale en sortit vainqueur.
Treize ans de guerre, treize ans de malheur, Quand Firsend convoita nos terres en fleur. Rivière Rouge et Fort-Hautmont témoignent, De cette guerre où les royaumes saignent.
Miracle étrange, ennemis réconciliés,
Virmiens et Autchbourgeois alliés.
Pour Vostrag en péril contre les bourgeois du Nord,
L’or unit les cœurs plus fort que la mort.
À Almar se leva le peuple en colère,
Contre les taxes et la noble misère.
Sang et répression creusèrent la plaie,
Entre seigneurs et manants à jamais.
Albert le maudit, de l’ombre surgi, En une nuit Volmarn conquit. Roi des Bandits, terreur du royaume, Jusqu’à Barlom où sonna son glas, fantôme.
Fils bâtard du roi, mais au cœur vaillant,
Farzan conquit Garslat en combattant.
Soixante-seize preux, une épée, un rêve,
Et un domaine où sa légende s’achève.
Querelle de péage, guerre de titans, Sodanburg vit chuter les orgueilleux. Venceslas captif, rançon en millions, Autchburg paya cher ses rêves belliqueux.
En l’an quinze cent quinze de grâce,
Halsden règne sur la vaste espace.
Royaume puissant mais fragile encore,
Entre ducs rebelles et royal trésor.